On parle beaucoup d’hyperconnexion, de stimulation permanente, de sur-sollicitation. Mais beaucoup moins d’un phénomène plus discret : la solitude des enfants. Une solitude paradoxale, car elle existe souvent au milieu du bruit, des écrans, des activités. L’enfant n’est pas isolé physiquement, mais il peut l’être émotionnellement.
Entre des journées très structurées et des parents pris dans leurs propres contraintes, les moments de présence pleine se raréfient. Or, un enfant ne mesure pas le temps en quantité, mais en qualité d’attention. Ce qui lui manque, ce n’est pas forcément quelqu’un à côté de lui, mais quelqu’un vraiment avec lui.
C’est un sujet tabou, car il renvoie directement aux adultes. Reconnaître cette solitude, c’est accepter qu’on ne fait pas toujours “assez bien”. Pourtant, la question n’est pas de culpabiliser, mais d’observer. Derrière certains comportements (agitation, retrait, colère) se cache parfois simplement un besoin de lien.
Recréer de la présence ne demande pas forcément plus de temps, mais une autre manière d’être là.
